Inboxing : de l’aide en boîte !

Connaissez-vous le “inboxing” ?

Si instantanément ou presque, vous avez pensé aux Youtubers qui ouvrent des colis et vous font part des découvertes de produits ou bien des cadeaux de fans qu’ils ont reçu, mauvaise pioche, ça, c’est le unboxing.

Et si le unboxing consiste à déballer un contenu, le inboxing consiste en son exact opposé, c’est à dire à emballer des colis pour les distribuer.

Le quotidien des démunis.

Rien qu’en France, on recense plus 100 000 Sans A[1] et un total de plus de 4 000 000 de mal logés[2].
Sans même parler de la baisse des températures, ces personnes se retrouvent dans des situations où l’accès à des produits d’hygiène (notamment féminine), à des produits de premiers secours, à des vêtements pratiques et à de la nourriture est un problème de tous les jours !

Ajoutons à cela qu’entre 2010 et 2012, la France voyait 14% de sa population globale (20% des enfants) vivre sous le seuil de pauvreté[3], des chiffres qui ne cessent de s’accroître de jour en jour.

Ainsi, les démunis ne sont plus seulement les personnes sans toit, ce sont aussi des enfants souvent déscolarisés mais aussi des adultes qui sacrifient alimentation et hygiène pour se garantir un logement, souvent insalubre, pour le plus grand bonheur des vendeurs de sommeil.

L’inboxing : une solution parmi d’autres.

Si nous avons déjà un projet en cours de recherche et développement pour créer des logements autonomes pour les personnes qui n’ont plus de toit[4], nous n’avions pas encore de solution pour les aider au quotidien en attendant puis en complément de ce projet.

Et puis nous nous sommes dit que si des personnes pouvaient faire des milliers de vues en déballant des colis, peut-être que nous pourrions être une centaine d’investis dans la confection de colis solidaires.

L’inboxing était donc né.

Maintenant, il s’agissait de savoir comment l’organiser et quoi mettre dans chaque colis !

1 – Des produits d’hygiène et de premiers secours

C’est un thème qui revient très souvent lorsque l’on écoute les témoignages de personnes qui vivent ou ont vécu dans la rue : disposer de produits d’hygiène et plus particulièrement de produits d’hygiène féminine est un vrai défi.
Et avoir toujours sous la main des pansements et de quoi désinfecter une plaie est tout aussi délicat.

Ainsi, les colis devraient tous contenir au moins :

  • 1 savon
  • 1 gant
  • 1 brosse à dent
  • 1 dentifrice
  • 1 paquet de serviettes hygiénique (quitte à différencier les colis)
  • 1 shampoing (sec de préférence)
  • 1 brosse
  • 1 peigne
  • ciseaux (ongles, barbe…)
  • trousse complète premiers secours

Coût moyen de cet ensemble : 52 euros.

Maintenant que cette question est réglée, passons à la suite du nécessaire de survie : la nourriture !

2 – De quoi se nourrir de manière pratique !

Le gros problème des dons de nourriture, c’est que nous pensons trop souvent à des pâtes, du riz, etc, alors que ces aliments nécessitent une cuisson qui n’est que rarement envisageable pour les plus démunis.

Ainsi, il est important de privilégier des plats ou conservés prêts à consommer; au pire des cas, ça se mange froid et si par chance on tombe sur un commerçant qui soutient le mouvement #PoussezLaPorte, il est alors possible de faire réchauffer son plat.

Il faudra aussi fournir de l’eau, quitte à ce que la personne puisse ensuite faire remplir sa bouteille dans un bar par exemple (nous rappellerons qu’ils ont l’obligation légale de servir gratuitement de l’eau du robinet à qui leur demande).

Contenu minimal d’un colis :

  • 6 bouteilles d’eau de 1 L
  • 30 conserves de légumes

Coût moyen de cet ensemble : 35 euros.

Nous avons vu comment assurer le minimum en terme d’hygiène et d’alimentaire, il nous reste donc à voir comment on peut rendre un dernier service qui va impacter la possibilité d’une réinsertion sociale : les vêtements !

3 – Et finalement, de quoi se vêtir !

Parce qu’en plus de survivre en n’ayant (presque) plus rien, encore faut-il avoir la possibilité de se sortir de la rue, de trouver un premier job alimentaire qui conduira à un second job et au retour à une vie un peu plus facile avec un toit sur la tête sans sacrifice de repas, etc.

Et pour accomplir cela, il faut être bien vêtu (et oui, l’apparence fait encore une grosse part, de nos jours).

C’est pourquoi, il sera nécessaire de proposer des colis contenant :

  • 2 chemises
  • 5 t-shirts
  • 3 pulls
  • 3 sous-pulls
  • 10 ensembles de sous-vêtements (incluant des paires de chaussettes)

En plus de ces colis fréquents, il sera nécessaire de proposer des vêtements d’hiver (manteau, gants, chapeau/bonnet, écharpe) et de pluie (manteau imperméabilisé), ainsi que des chaussures (imperméabilisées pour couvrir toutes les saisons).

Ici, pas de coût moyen défini, à chaque colis hygiène ou nourriture assemblé, nous utiliserons des fonds collectés par la branche Solidarité de l’association pour la constitution d’un colis de vêtements et essaierons de conserver des stocks pour permettre une distribution à la volée en fonction des nécessités de chacun.

Une solution efficace si nous faisons front ensemble !

Grosso modo, il est possible d’aider efficacement une personne pour 100 euros par mois.
Seulement voilà, clairement, il n’est pas possible pour qui que ce soit de sortir spontanément 100 euros de sa poche.
Heureusement, ce n’est pas ce que nous espérons.

100 euros par personne “Sans A” (pour cibler les plus précaires), c’est 10 000 000 euros à trouver.
Si nous décidons de donner 2 euros symboliques par mois, 5 millions de personnes unies suffisent à faire la différence.
N’oublions pas que les dons donnent droit à un abattement fiscal; si vous payez des impôts, donner 3 euros par mois vous permet de bénéficier de 2 euros de déduction.

Vous avez envie de faire un geste ?
Adhérez à l’association et/ou prenez contact avec nous par email à contact@club-des-entrepreneurs-tribaux.com !


NOTES :

1 – La terminologie “Sans A” est issue du milieu associatif et désigne les Sans Abris qui sont très souvent également Sans Amis
C’est aussi le nom d’un projet de média ayant pour but de “rendre visibles les invisibles”, créé par Martin Besson à ses 19 ans (à retrouver sur FaceBook).

2 – Chiffrage par la fondation de l’Abbé Pierre

3 – Statistiques INSEE

4 – Projet HoHoHo : Hobo Hobbit Houses

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